Notre Brume Botanique contient 3 eaux de fleurs cultivées avec passion, dont l’eau florale de rose de damas française.

Aujourd’hui c’est avec beaucoup de plaisir que je vous raconte l’histoire d’Evelyne, qui cultive et distille des Roses de Damas dans les Alpes-de-Haute-de-Provence.

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Pouvez-vous me raconter votre histoire ?

Je suis d’origine Corse, et je me suis retrouvée dans les Gorges du Verdon grâce à ma passion de l’escalade. J’ai toujours été attirée par le plein air, par la beauté de la nature et son expression par les fleurs.

Je me suis installée dans le petit village de La Pallu, où j’y ai rencontré Jacky mon mari.

Ce village est chargé d’histoire : très difficile d’accès, l’électricité et la route ne sont arrivés que dans les années 50. C’est un lieu difficile à vivre à 1500m d’altitude, où le climat est rude, avec énormément de neige tous les hivers. La terre y est peu nourricière et les sols sont “maigres”.

Oden - eau de rose de damas française

À la fin de la 1ère Guerre Mondiale, comme partout ailleurs, c’est l’hécatombe au village. Les rares survivants sont partis du village, à la recherche d’une vie meilleure, et ne sont pas revenus. Autour de 1975, il n’y avait quasiment plus personne. Il restait l’oncle de Jacky.

L’oncle de Jacky était ce qu’on appelle un petit paysan : il faisait un peu d’apiculture, un peu de foin, et distillait la lavande sauvage que cueillaient les gens du village. Il avait investi dans un petit alambic en cuivre, pour transformer la lavande en huile essentielle,  qu’il revendait ensuite aux grossistes de Grasse.

Oden - eau de rose de damas française

C’est cette histoire qui m’a donné envie de m’installer dans ce village. Ses murs en pierres sèches magnifiques me rappellent les gens qui se sont accrochés pour façonner et faire vivre cet endroit.

C’est aussi le pays du gratte-cul (ou l’églantier, le rosier sauvage) : une espèce pionnière envahissante, dont la venue annonce l’installation d’autres espèces, avant le retour à l’état naturel de la forêt. C’est ce qu’on appelle la déprise, le cycle naturel reprend le dessus, et efface les traces de l’homme.

Pourquoi avez-vous décidé de cultiver la rose de Damas française ?

J’ai toujours été amoureuse des roses anciennes. Arrivée au village, j’ai emménagé dans une maison en pierre sur laquelle poussait un vieux rosier superbe : cela m’a donné envie de m’intéresser à l’histoire de ces rosiers. J’ai commencé à cultiver des roses anciennes dans mon jardin.

Evelyne cultivatrice de rose de damas

C’est là que s’est fait le lien : la passion que je vouais à ces plantes, et les grattes-culs qui poussaient spontanément : cela voulait bien dire que cet endroit était propice à la culture des roses.

Avec Jacky, nous avons décidé de remettre en culture les terres familiales : nous avons défriché, arraché les grattes-cul. Nous avons tâtonné au départ, car le climat est vraiment rude.

Puis nous avons trouvé nos deux variétés de roses, dont la Rose de Damas.

Comment cultivez-vous ?

Nous cultivons en agroécologie depuis toujours, nous n’utilisons aucun produit chimique.

Nous essayons de travailler le plus possible avec le vivant : nous faisons des décoctions de prêle pour l’apport en engrais organique. Chaque année, nous essayons de rendre à la terre ce qu’elle nous a donné.

Nous n’avons pas d’objectif de rentabilité : nous laissons nos plantes tranquilles. Dans les méthodes de cultures actuelles, il faut habituellement 2 ans à un rosier pour atteindre son “année de croisière”. Chez nous, il faudra attendre entre 4 et 5 ans.

Nous essayons d’intervenir le moins possible, et faisons quasiment tout à la main, du désherbage à la récolte des roses.

Est-ce vous qui faites la distillation de vos roses de Damas françaises ?

Oui, nous faisons absolument tout de la graine au flacon.

Nous récoltons les roses entre le mois de mai et le mois de juin.

Nous les cueillons et les distillons dans la foulée ! Cette eau florale d’exception est stockée dans nos caves.

Qu’est-ce qui distingue votre hydrolat de rose de Damas française d’un hydrolat bulgare par exemple ?

Notre hydrolat et l’hydrolat bulgare n’ont rien à voir :

Lorsque nous distillons nos roses, nous conservons dans l’hydrolat la petite partie d’huile essentielle qu’il y a dedans. Nous suivons le ratio 1 pour 1 : un kilo de fleurs pour 1 litre d’eau. Pour information, une rose pèse environ 2 grammes !

Le temps de distillation après la récolte est très important pour obtenir un hydrolat de qualité : plus vous distillez vite après la récolte plus l’hydrolat sera chargé d’actifs. Nous, nous distillons immédiatement après la récolte.

En Turquie ou en Bulgarie, lls cultivent la rose essentiellement pour l’huile essentielle. L’hydrolat est vraiment le sous-produit de l’huile essentielle de rose. Il n’y a pas de trace d’huile essentielle dans ces hydrolats, et leur ratio de distillation n’est jamais très clair. Les roses sont généralement stockées avant d’être distillées. Les fleurs s’échauffent et perdent de leur qualité. Sans parler des pesticides qui arrosent la plupart de ces cultures.

Nos cultures à taille humaine nous permettent de respecter la qualité de la fleur.

Brume Botanique ODEN

On connaît les multiples bienfaits de l’eau de rose pour la peau, et vous qu’en dites-vous ?

J’ai toujours dit que la rose est la reine de la peau. C’est un excellent tonique et démaquillant.

C’est aussi un soin qui parle “au coeur”, qui soigne aussi bien la peau que le mental.

Enfin, pouvez-vous nous parler de votre dernière récolte ?

Nous avons fait une mauvaise récolte en 2019.

Depuis quelques années, nous ressentons les effets du réchauffement climatique : les hivers sont moins marqués, moins enneigés.

En altitude, la photosynthèse est plus active.

Habituellement, le démarrage des plantes se faisait fin avril début mai. Ces dernières années, il se fait dès mi-février et pouvons avoir des gelées jusqu’à mi-juin !

eau florale de rose de damas française

Pour donner un exemple concret du dérèglement climatique, en 2019, nous avons eu des gelées à -5° jusqu’à mi-juin pendant 5 jours, puis avons enchaîné sur des nuits caniculaires la semaine suivante à 25°.

Cela n’annonce rien de bon pour les années à venir.

Comment le climat va-t-il se comporter dans les années à venir ? Nous cultivateurs n’avons pas la réponse. Une chose est sûre, il va falloir s’organiser pour se protéger au mieux de ces aléas.

photos : https://www.salamandre.org/article/au-pays-de-la-lavande/

 

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